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Révoltère

Révoltère

Poésies francaises pleines des joies et des tristesses de la vie, voyages et actualités vues d’un cinquième œil.


Plaidoirie d’un faux coupable

Publié par Révoltère sur 10 Mars 2020, 17:48pm

Catégories : #Tendre insolence

Plaidoirie d’un faux coupable

 

Donc, Messieurs les Jurés

Je vous conte mon récit

Que vous écouterez, je l’espère

Si vous en avez l’envie

 

Mais je vous préviens avant tout

Que cette histoire, j’l’ai vraiment vécue

Elle a bouleversée ma vie

Et va complètement gâcher mon avenir

 

Depuis que je suis né

Je n’ai jamais été chanceux

Impliqué dans plusieurs coups fourrés

Je n’ai été qu’un pauvre malheureux

 

Toute ma triste vie

Je ne l’ai passée qu’à vagabonder

Cherchant l’amour et la liberté

Sans résultat. Tant pis.

 

Objection, Messieurs les Jurés

Je n’ai rien fait, je le jure

Je suis l’innocent accusé

De cette sombre mésaventure

 

Ces crimes dont vous m’accusez,

Ces violences qui ont été portées

Je ne les ai point commis

C’est le sort qui m’accable, me charrie

 

Je déteste faire la guerre

Massacrer la vie, pourrir la terre

Aux élections, je vote écolo

Non, Messieurs, je ne suis pas un salaud

 

Ce n’est certainement pas moi

Le commanditaire de ce carnage

Je n’ai pas ce courage ni ce poids

Pour réaliser un si grand massacre

 

Ce soir là, il était déjà bien tard

Je furetais dans ce recoin par mégarde

Le froid me léchait le placard

Lorsque je m’engageai dans cette ruelle noire

 

Et après, je ne sais plus

C’est le trou noir, le néant

Les hommes de loi m’ont aperçu

Moi, dans ce piètre incident

 

Et lorsque je me suis réveillé

J’étais assis, les mains menottées

Dans la cellule d’une gendarmerie

Et on m’a questionné, questionné, questionner

 

Je ne suis qu’un minable mendiant

Qui éprouve tant de mal à survivre

Je ne suis qu’un pâle excrément

Qui hésite entre vivre et mourir

 

La justice est injuste et criminelle

Me croire coupable est ma honte éternelle

Alors condamnez-moi à perpétuité

Puisque vous en avez la possibilité

 

Voilà, Messieurs les Jurés

J’ai fini de crier ma douleur

D’être la victime maltraitée

D’être surnommée le monstre tueur

 

Et puis merde ! J’avoue ma bafouille

De toute façon, j’suis déjà condamné

Dans la rue à purger une vie de paumé

Enfermez-moi avant que je ne rouille

 

Et puis vaut mieux la prison

Il y fera chaud et j’aurai du pain

C’est vrai qu’il y a des cons et des bouffons

Mais au moins je lève l’option crever de faim

 

Alors voilà, Messieurs les Jurés,

Je suis innocent, ça je le sais

Mais accusez-moi s’il vous plaît

Je suis l’homme qu’il vous manquait

 

                                                                                            Révoltère

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